OpenAI publie la plus grande étude jamais réalisée sur l'utilisation de ChatGPT : 1,5 million de conversations analysées révèlent que 900 millions d'utilisateurs se servent avant tout de l'IA comme conseiller, pas comme outil de production.

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OpenAI vient de publier la plus grande étude jamais réalisée sur l'utilisation de ChatGPT. Menée en partenariat avec l'économiste David Deming de Harvard et publiée sous forme de working paper au National Bureau of Economic Research (NBER), cette analyse porte sur 1,5 million de conversations et dresse un portrait fascinant de la façon dont 900 millions d'utilisateurs hebdomadaires se sont approprié l'outil. Le constat principal est sans doute le plus surprenant : la majorité des gens n'utilisent pas ChatGPT pour coder ou créer du contenu artistique, mais pour poser des questions et obtenir des conseils pratiques.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Près de la moitié des messages envoyés à ChatGPT (49 %) relèvent de la catégorie « Asking » — des requêtes où l'utilisateur cherche une information, un avis ou une recommandation. Les tâches de production concrètes comme la rédaction, la planification ou la programmation représentent 40 % des échanges. Autrement dit, ChatGPT s'est imposé davantage comme un conseiller universel que comme un simple outil d'exécution. La recherche générale domine avec 36,7 % des requêtes, suivie par la recherche académique (19 %), la rédaction d'emails (14,4 %) et l'assistance au code (13,6 %). Le coding et l'expression créative, souvent mis en avant dans les démonstrations, restent en réalité des usages de niche.
L'étude révèle une transformation profonde du profil des utilisateurs. L'écart hommes-femmes, très marqué aux débuts de ChatGPT, s'est considérablement réduit : la base d'utilisateurs ressemble désormais à la population adulte générale. Plus frappant encore, la croissance la plus rapide s'observe dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, où les taux d'adoption ont été quatre fois supérieurs à ceux des pays les plus riches entre 2024 et mi-2025. ChatGPT n'est plus un outil réservé aux développeurs de la Silicon Valley : c'est devenu un assistant quotidien pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, des États-Unis (205 millions d'utilisateurs) à l'Inde (198 millions), en passant par le Brésil, le Canada et la France.
Côté professionnel, les résultats sont tout aussi parlants. Plus d'un quart des travailleurs américains déclarent utiliser ChatGPT dans le cadre de leur emploi, et ce chiffre grimpe à 45 % chez les diplômés de troisième cycle. Les utilisateurs en entreprise rapportent un gain moyen de 40 à 60 minutes par jour, et les plus intensifs économisent plus de 10 heures par semaine. Le taux de rétention des abonnés Enterprise atteint 88 % sur un an, signe que l'outil est devenu indispensable dans les workflows professionnels. OpenAI insiste sur un point clé : la valeur créée passe avant tout par l'aide à la décision — ChatGPT améliore le jugement et la productivité, notamment dans les emplois à forte intensité cognitive.
Cette étude est bien plus qu'un simple rapport d'utilisation. Elle dessine les contours d'un changement culturel majeur. En trois ans, ChatGPT est passé d'une curiosité technologique à un outil ancré dans le quotidien de près d'un milliard de personnes. Le fait que l'usage dominant soit la recherche d'information et de conseils — et non la génération automatique de contenu — suggère que les utilisateurs voient l'IA comme un partenaire de réflexion plutôt qu'un remplaçant. Reste à savoir si cette relation évoluera à mesure que les modèles deviendront plus capables, ou si cette dynamique de consultation restera la norme. Une chose est certaine : l'ère où l'on pouvait ignorer l'IA générative est définitivement révolue.